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Avec ce film, Sophia Coppola fait plus que retracer la jeunesse de Marie-Antoinette, elle nous montre la jeunesse, ses élans, ses émois, ses rires et ses chagrins.
Qui sont ces gens qui dansent à perdre haleine en costume d'époque sur une bande son rock, cette musique qui nous les rend si proches, de ce que nous sommes aujourd'hui, du souffle de liberté qui caresse les joues de notre jeunesse? Ils pourraient être nous, nous pourrions être eux.
Est-ce un film sur Marie-Antoinette ? Je n'en suis pas si sûre. Est-ce un film sur toutes les jeunes filles ? Je le crois. Parce qu'après tout, peu importe que tout cela soit arrivé il y a bien longtemps, que ces filles s'appelaient Marie-Antoinette, duchesse de Polignac ou princesse de Lamballe, c'était des filles, un point c'est tout.
Pour écouter la b.o du film, c'est ici.
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"Il n'y a que les femmes qui ne savent pas s'habiller qui craignent la couleur. On peut être éclatante sans vulgarité et douce sans fadeur."
Marcel Proust
Pablo Picasso Marie LaurencinLes demoiselles d'Avignon, 1907 La répétition, 1936
Huile sur toile, 243,9 x 233,7 cm Huile sur toile, 120,5 x 120,5 cm
ⓒ 2010 Estate of Pablo Picasso / Artists ⓒ adagp
Rights Society (ARS), New York
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"En incluant toute la diversité et les défauts habituellement effacés des corps grâce aux outils de retouche, mon but est de provoquer une réponse viscérale de la part du spectateur, de l'engager aussi bien physiquement qu'intellectuellement."Antony Crossfield
La série "Foreign bodies" (Corps étrangers) d'Antony Crossfield (dont le nom pourrait se traduire par "à la croisée du chemin", hasard poétique), met à l'épreuve notre rapport à notre corps tel qu'il est (ou tel qu'on voudrait qu'il soit) en nous mettant face à une humanité dégoulinante de chair.
©Antony Crossfield
Foreign Body 1, 2003
Foreign bodies
Tous droits réservés
Alors qu'il pourrait se contenter, comme Lucian Freud en peinture, de photopgraphier des corps flasques, mous, graisseux, Antony Crossfield va plus loin grâce à l'emploi de la retouche numérique dont il use comme un pinceau. C'est ainsi à un véritable plaidoyer pour le corps, la peau, les rides que le spectateur est convié par l'artiste.
Il choisit de dépasser l'idée obsolète de concevoir la photographie comme témoin d'une vérité, qui, pour lui, ne faisait que mettre en avant ce qu'il nomme "l'idée cartésienne d'un soi désincarné", c'est-à-dire la distinction entre corps et esprit qui en fait deux entités distinctes.
Antony Crossfield présente des corps hybrides, faits de plusisieurs corps qui s'entrelacent, s'entremêlent, s'emmêlent pour ne former plus qu'un. Où finit le premier? Où commence le second? Y a-t-il seulement un premier et un second?
©Antony Crossfield
Trap, 2005
Foreign bodies
Tous droits réservés
L'artiste abolit la distance, si mince soit-elle, entre deux corps qui se faisaient face, se regardaient, se touchaient par endroits, les réduisant à une seule et unique chair, concept clé du philosophe Maurice Merleau-Ponty dont l'artiste ne cache pas la citation dans ses clichés.
Ce lien de perception si fort qui ouvre au monde, aux choses et aux êtres se manifeste sous nos yeux par un amas corporel qui annule l'idée de corps comme enveloppe (avec toutes les limites que cette condition impose) et le réinvente comme "organe d'échanges physique et psychique entre les corps".
©Antony Crossfield
Threshold, 2009
Foreign bodies
Tous droits réservés
Alors même que les créatures d'Antony Crossfield apparaissent objectivement irréelles, le pouvoir de la photographie rend visible notre relation à ce qui nous entoure, nous invitant à réaliser que nous ne faisons peut-être qu'un avec le contenu de ses oeuvres.
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"La communication est un processus de connaissance où le possible (la priméité) affecte la tiercéité (les conventions et habitudes). Introduire le possible dans les conventions, c’est donner une grande force créatrice à l’imagination transposant, dans l’acte artistique, le système symbolique."Définition de la communication artistique par Nicole Everaert-Desmedt, Interpréter l’art contemporain. La sémiotique peircienne appliquée, Bruxelles, De Boeck et Larcier (Collection Culture et communication), 2006
En apparence, il semble que Liane Lang se photographie elle-même (ou bien des modèles) au milieu de copies en plâtres de statues classiques de la collection de la Royal Academy of Arts de Londres.
A première vue, elle immortalise une performance.
En fait, il s’agit de mannequins ou de membres en latex ou en silicone, transformant ce que l’on prenait pour capture du vivant en nature morte.
©Liane Lang
Messing with authority, 2006
The Casts
Tous droits réservés
Si on leur adresse un regard distrait, les personnages de Delphine Balley semblent rejouer la pose figée et raide des portraits familiaux des débuts de la photographie.
Et puis en s’approchant un peu plus, en ouvrant l’œil, on découvre un décalage, comme une légère ivresse, qui nous entraîne vers une autre réalité, qui nous mène vers un ordinaire extraordinaire.
©Delphine BalleyMes parents dans le grand salon, 2005
L'album de Famille
Tous droits réservés
Ces deux photographes inventent de nouveaux codes, brouillent nos repères et nous font pénétrer un univers élargi qui, s’il peut prendre l’apparence d’un piège qui pourrait nous perdre, se révèle en fait être une porte vers un ailleurs fantastique où les frontières ne sont plus les mêmes qu’à l’habitude.
Si Liane Lang trompe notre perception, pointe le pouvoir de la photographie comme au-delà de la dichotomie vivant/non vivant, Delphine Balley fait s’affronter fiction/non-fiction en nous racontant des histoires qui nous entrouvrent les portes d’un imaginaire à l’atmosphère fantastique.
©Delphine Balley ©Liane Lang
L'assassinat, 2007 The velvet swimmer, 2006
L'album de famille The Casts
Tous droits réservés Tous droits réservés
Si elles font naître une confusion révélatrice de nos limites et que dans le même temps elles arrivent à ouvrir une brèche dans le champ des possibles de la vie courante, c’est que leurs clichés ne disent jamais rien de la vérité, si ce n’est celle de la mise en scène.
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Où vous saurez le pourquoi du pourquoi.
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