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Antony Crossfield, corps à corps avec la chair

La série "Foreign bodies" (Corps étrangers) d'Antony Crossfield (dont le nom pourrait se traduire par "à la croisée du chemin", hasard poétique), met à l'épreuve notre rapport à notre corps tel qu'il est (ou tel qu'on voudrait qu'il soit) en nous mettant face à une humanité dégoulinante de chair.


Foreign Body 1, 2003

                        ©Antony Crossfield
                            Foreign Body 1, 2003
                            Foreign bodies
                            Tous droits réservés



Alors qu'il pourrait se contenter, comme Lucian Freud en peinture, de photographier des corps flasques, mous, graisseux, Antony Crossfield va plus loin grâce à l'emploi de la retouche numérique dont il use comme un pinceau. C'est ainsi à un véritable plaidoyer pour le corps, la peau, les rides que le spectateur est convié par l'artiste.
Il choisit de dépasser l'idée obsolète de concevoir la photographie comme témoin d'une vérité, qui, pour lui, ne faisait que mettre en avant ce qu'il  nomme "l'idée cartésienne d'un soi désincarné", c'est-à-dire la distinction entre corps et esprit qui en fait deux entités distinctes.
Antony Crossfield présente des corps hybrides, faits de plusisieurs corps qui s'entrelacent, s'entremêlent, s'emmêlent pour ne former plus qu'un. Où finit le premier? Où commence le second? Y a-t-il seulement un premier et un second?


Trap, 2005

                                   ©Antony Crossfield
                                   Trap, 2005
                                   Foreign bodies
                                   Tous droits réservés


L'artiste abolit la distance, si mince soit-elle, entre deux corps qui se faisaient face, se regardaient, se touchaient par endroits, les réduisant à une seule et unique chair, concept clé du philosophe Maurice Merleau-Ponty dont l'artiste ne cache pas la citation dans ses clichés.
Ce lien de perception si fort qui ouvre au monde, aux choses et aux êtres se manifeste sous nos yeux par un amas corporel qui annule l'idée de corps comme enveloppe (avec toutes les limites que cette condition impose) et le réinvente  comme "organe d'échanges physique et psychique entre les corps".

 

Threshold, 2009

                                        ©Antony Crossfield
                                               Threshold, 2009
                                               Foreign bodies
                                               Tous droits réservés


Alors même que les créatures d'Antony Crossfield apparaissent objectivement irréelles, le pouvoir de la photographie rend visible notre relation à ce qui nous entoure, nous invitant à réaliser que nous ne faisons peut-être qu'un avec le contenu de ses oeuvres.

 

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